Midnight City, le roman vagabond de Rozenn Illiano

Je prépare cet article depuis plusieurs semaines, sans trop savoir la direction qu’il va prendre. Ça risque d’être très brouillon car j’ai très envie de te parler de ce roman, mais c’est difficile de te dire tout ce que j’en ai pensé sans en dire trop sur l’histoire. Une chose est sûre, j’ai beaucoup voyagé dans ce roman, comme j’en ai rarement eu l’occasion. Je tiens à dire mille fois merci à Tiphaine, la première à avoir reçue Midnight City. Après des dizaines de messages, elle a accepté de me l’envoyer. Sans elle, je n’aurais sûrement jamais eu la chance de découvrir cette histoire…

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Mais alors, Midnight City : ça raconte quoi ?

Résumé : Écrivain inconnu, Samuel rencontre le succès par hasard, et sa vie change du jour au lendemain – pas forcément pour le mieux, d’ailleurs. Introverti et grand timide, il se plie à sa nouvelle célébrité sans rechigner, rêvant pourtant de retrouver la quiétude de son anonymat.
Seulement un jour, il ne peut plus écrire : ses mots se sont enfuis, son imagination est à sec. Un peu par désespoir, Samuel accepte la proposition d’un mystérieux mécène qui lui offre tranquillité et ressources afin qu’il puisse retrouver la flamme.
Ce qui, en fin de compte, n’était pas une si bonne idée…

« L’écriture a toujours été indispensable à sa vie, au même titre que respirer, mais il pensait surtout qu’il s’agissait d’un besoin de parler, d’extérioriser, de mettre par écrit ce qui lui fait mal ou ce qui lui fait peur. Ses craintes, ses doutes, ses rêves… Écrire l’a peut-être sauvé, après tout. Et si un jour les mots ne viennent plus, ce sera parce que son esprit s’est apaisé. Parfois, même, il attend ce moment. »

J’en ai parlé sur mes réseaux sociaux dernièrement, mon rapport à la lecture a beaucoup changé cette année… Je n’arrive plus à dévorer des romans, ni à trouver de lectures qui m’entraînent. Je vagabonde à travers certains livres, à la recherche d’aventures, de personnages intéressants à suivre. Pourtant, Midnight City a su me convaincre sur tous les plans. C’est une expérience de lecture totalement inédite. Savoir que tu vas ouvrir ce livre pour la première et l’unique fois, s’aventurer aux côtés de personnages pour une histoire qui ne va durer que quelques pages, quelques jours… En plus, l’univers des Nocturnes est dingue. À la fois récit contemporain et de fantasy, Rozenn Illiano nous propose un monde captivant, onirique. Il y a d’ailleurs une mise en abyme impressionnante, accompagnée d’une tension parfois insoutenable.

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« Écrire, c’est comme marcher en équilibre précaire sur le fil du rasoir, il ne s’agit pas seulement d’enchaîner des mots les uns à la suite des autres afin de leur donner un sens ; c’est aussi s’enfermer en dedans, seul devant un miroir, avec parfois l’impression qu’il faut s’écorcher le cœur pour pouvoir faire tout ce qu’on a à dire, et tant pis si les autres ne comprennent pas ce langage. Pourquoi s’inflige-t-on ça ? Pourquoi, si ce n’est pour respirer, évacuer le trop-plein de cauchemars qui nous emplissent la tête, faire parler des fantômes ? »

Il faut savoir que j’ai certains films et livres que je considère comme des sources de très grande motivation pour l’écriture. Aujourd’hui, je peux te confirmer que Midnight City en fait partie. Il a tellement fait écho à certaines de mes interrogations actuelles… Il est tombé au bon moment. En plus d’aborder toutes les thématiques autour de l’écrivain et de son rapport à l’écriture (écrire pour soi, ne pas publier son roman, avoir des tas d’idées mais être incapable d’écrire à cause de l’anxiété) et à l’édition, il m’a motivé à travailler sur mes projets personnels – écriture, ou non. D’ailleurs, l’autrice aborde plusieurs sujets autour de l’écriture dans son histoire, dont un qui m’a beaucoup parlé, celui du « projet ultime ». Un sujet qui m’a permis d’avoir de très jolies discussions avec des ami-e-s auteurices.

Une petite interview de l’autrice…

Peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Je m’appelle Rozenn, j’ai 30 ans depuis quatre ans et je suis autrice de SFFF. Je suis ce qu’on appelle une autrice hybride, ce qui ne veut pas dire que j’ai des oreilles de chat ou des tentacules mais que j’écris des livres à la fois pour des maisons d’édition et en auto-édition.

Peux-tu nous raconter la genèse de ton roman, Midnight City ? Et cette idée de roman vagabond ?

Cela faisait longtemps que je m’interrogeais sur mon rapport à l’écriture et à la publication, dans un contexte éditorial compliqué (avec #PayeTonAuteur). Au lendemain d’une rencontre avec Mathieu Gaborit à l’occasion d’une dédicace à Rennes, durant laquelle on a parlé de l’édition, je me suis décidée à enfin écrire quelque chose là-dessus. L’histoire qui m’est venue, c’est celle d’un écrivain amateur et timide qui vit à la fois mon rêve et mon pire cauchemar : publier un roman qui devient un succès mondial. Depuis, sa vie est complètement chamboulée et il ne peut plus écrire une seule ligne. Et quand on lui propose de l’aide pour retrouver l’inspiration, il s’en mord les doigts.

Quant au roman vagabond, c’était quelque chose qui me titillait depuis que j’ai entendu parler du roman La maison dans laquelle de Mariam Petrosyan : le manuscrit papier s’est baladé de main en main pendant dix ans avant qu’un éditeur le découvre et le publie. Si je ne cherche pas à faire publier Midnight City, j’aime l’idée qu’il se balade et que seule une poignée de lectrices & de lecteurs le lisent (il sera quand même auto-édité début 2020). À noter que le principe du roman vagabond n’est pas accessoire, puisque cela fait partie de l’histoire 🙂

Depuis quand écris-tu ?

J’ai plus ou moins commencé quand j’avais 12 ou 13 ans, même si avant j’aimais surtout raconter des histoires (avec des Barbie et des Lego surtout). Je m’y suis mise sérieusement il y a cinq ans avec l’idée d’auto-éditer mes projets les plus personnels.

Le Grand Projet, c’est ni plus ni moins que l’intégralité de mes écrits, qui sont reliés d’une manière ou d’une autre. Pour le moment, tout reste indépendant : romans, séries, nouvelles peuvent être lus sans lire le reste, même s’il existe des liens entre eux (parfois forts, parfois ténus). En revanche, tout se rejoindra au bout d’un moment, et l’on comprendra pourquoi ces choses se sont produites, l’on découvrira que tel événement qui paraissait mineur était en fait très important, etc. Il y a trois événements majeurs dans mon Grand Projet et je n’ai évoqué que le deuxième pour le moment : l’Apocalypse angélique qui ravage notre monde en 2016. Le reste viendra bien assez tôt !

Dans quelques jours, Le Phare au Corbeau va sortir chez Critic. Que peux-tu nous dire sur ce roman ?

Le Phare au Corbeau est un roman de fantastique/fantasy urbaine (je ne sais pas trop faire la différence entre les deux) que j’ai écrit un peu pour prouver qu’en fait, non, mon travail n’est pas assez bon pour être publié dans une maison d’édition. C’est raté ! L’histoire raconte comment deux exorcistes s’occupent de désenvoûter un domaine situé sur la côte bretonne, hanté par un fantôme récalcitrant. J’y ai mis tout ce que j’aime : un vieux phare, la Bretagne, de la pluie, une histoire de fantômes, une héroïne un peu cassée… On y parle aussi de différences (sexualité, couleur de peau) et de comment une communauté de sorciers répète ces intolérances dans leur propre microcosme. Le roman sort fin août, donc, et j’ai à la fois très hâte et très peur !LePhareAuCorbeau1Le résumé : Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo.
Une annonce sur le réseau social des sorciers retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
Cependant, lorsque les deux exorcistes débarquent là-bas, le cas se révèle plus épineux que prévu. Une étrange malédiction, vieille de plusieurs générations, pèse sur le domaine de Ker ar Bran, son phare et son manoir.
Pour comprendre et conjurer les origines du Mal, il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui…

Quels sont les livres/auteurs qui ont fait de toi la lectrice, mais aussi l’autrice, que tu es aujourd’hui ?

 

Pour les auteurs, dans le désordre, il y a Stephen King, Estelle Faye, Dan Brown (si si), Mathieu Gaborit, Mélanie Fazi, Thomas Geha… même si ce sont les livres qui me sont  importants :

  • Le Cirque des Rêves pour son incroyable onirisme (Midnight City doit beaucoup à Erin Morgenstern) ;
  • Les enfants de Noé de Jean Joubert, découvert quand j’avais 12 ans et qui m’a donné envie de lire ;
  • Âmes perdues de Poppy Z. Brite, juste pour l’un de ses héros, Ghost, qui me touche énormément ;
  • Un éclat de givre d’Estelle Faye parce que, quand je serai plus grande, je veux devenir Estelle Faye ;
  • Et puis Harry Potter, parce que bon, voilà.

Est-ce que tu peux nous parler de tes dernières lectures ?

Je n’ai pas eu le temps de lire beaucoup ces derniers temps. Si je me rappelle bien, il y a eu les Furtifs d’Alain Damasio (premier livre que je découvre de cet auteur. Je suis partagée : certains trucs m’ont agacée, d’autres m’ont fait crier au génie), La Muse des Cauchemars de Laini Taylor (j’avais hâte de lire la suite du Faiseur de Rêves mais j’ai été un peu déçue), et j’ai relu S., le livre-concept de J.J. Abrams et Doug Dorst (absolument génial, dans mon top 10).

Et quelques questions tirées du portrait chinois… 

Si tu étais un personnage de fiction ? Léodagan de Kaamelott

Si tu étais un animal ? Une corneille noire

Si tu étais un élément ? Air

Si tu étais un livre ? Le prochain

La bonne nouvelle pour toi, c’est que le livre vagabonde toujours et que tu as une chance de l’attraper si tu trouves la personne qui est entrain de le lire. Alors si mon article t’a donné envie de découvrir l’écriture de Rozenn Illiano, je te souhaite bonne chance pour mettre la main sur Midnight City.

Toutes les informations et photos de cet article ont été prises sur le site de l’autrice. Je te laisse les liens importants juste après…

À bientôt,

Johan.

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